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Leçon offerte · Réussir sa première année en micro-entreprise · 7 min

La micro-entreprise : pour qui, et ses limites

Vérifiée en octobre 2026 · notre méthode

La micro-entreprise est le moyen le plus simple de travailler à son compte en France. Elle se crée en ligne gratuitement, et ses cotisations se calculent en quelques secondes. Mais cette simplicité a un prix : avant de vous lancer, il faut savoir pour qui elle est faite, et où elle s'arrête.

Le principe : tout se calcule sur ce que vous encaissez

La micro-entreprise (on dit aussi « auto-entreprise ») est un régime simplifié pour l'entrepreneur individuel, c'est-à-dire une personne qui travaille en son nom, sans créer de société.

Sa règle centrale tient en une phrase : vos cotisations sociales sont un pourcentage de votre chiffre d'affaires encaissé. Le chiffre d'affaires, c'est la somme que vos clients vous ont réellement versée, hors taxes. Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations.

Tout au long de la formation, nous suivons Léa, 29 ans, graphiste à Lyon. Elle sort d'un CDD et touche l'allocation chômage. Elle crée sa micro-entreprise le 1er octobre 2026, en activité libérale (catégorie fiscale BNC, bénéfices non commerciaux, celle des métiers intellectuels non réglementés). Elle vise environ 2 500 € de chiffre d'affaires par mois, soit 30 000 € par an.

Les plafonds de chiffre d'affaires en 2026

Le régime est réservé aux petites activités. Pour les revenus de 2026, les plafonds de chiffre d'affaires hors taxes sont les suivants (source : entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F32353, vérifiée le 21 février 2026) :

ActivitéPlafond annuel 2026
Vente de marchandises, denrées, hébergement203 100 €
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)83 600 €
Activités libérales (BNC), comme Léa83 600 €

Dépasser le plafond une seule année ne vous fait pas sortir du régime. Vous le quittez seulement si vous dépassez le plafond deux années consécutives ; le changement a lieu au 1er janvier suivant.

Cumuler avec un emploi, le chômage, des études ou la retraite

La micro-entreprise se cumule avec beaucoup de situations ; les détails dépendent de chaque organisme :

  • Salarié : possible, sauf clause d'exclusivité ou de non-concurrence dans votre contrat.
  • Demandeur d'emploi indemnisé : comme Léa, vous pouvez, sous conditions, garder une partie de l'allocation. Déclarez création et chiffre d'affaires à France Travail, qui calcule le montant maintenu.
  • Étudiant : aucun obstacle de principe ; vérifiez les effets sur une bourse ou une aide au logement.
  • Retraité : le cumul emploi-retraite suit les règles de votre caisse de retraite.

Pour le chômage et la retraite, demandez une simulation à l'organisme concerné avant de facturer.

La vraie limite : vos dépenses ne comptent pas

C'est le point que beaucoup découvrent trop tard. En micro-entreprise, vous ne déduisez pas vos charges. Les cotisations portent sur tout le chiffre d'affaires, même si vous avez dépensé de l'argent pour le gagner.

Pour l'impôt sur le revenu, l'administration applique à la place un abattement forfaitaire : elle considère qu'une part fixe de votre chiffre d'affaires couvre vos frais (34 % pour une activité libérale comme celle de Léa). Si vos vrais frais sont plus élevés, la différence n'est pas prise en compte.

Situation de LéaFrais réels annuelsFrais retenus par le régime (34 % de 30 000 €)
Ordinateur, logiciels, coworking4 000 €10 200 €
Si elle louait un atelier et achetait du matériel lourd15 000 €10 200 €

Dans le premier cas, le régime l'avantage. Dans le second, il la pénalise : un régime réel, qui déduit les vrais frais, serait sans doute plus adapté. Quand vos frais dépassent durablement l'abattement, faites étudier votre cas par un expert-comptable.

Autre limite : votre protection sociale dépend de ce que vous déclarez. Peu de chiffre d'affaires, c'est peu de droits à la retraite et aux indemnités journalières.

Exercice

Thomas veut ouvrir une petite boutique en ligne d'articles de papeterie. Il prévoit 60 000 € de ventes par an et 38 000 € d'achats de marchandises. Il est salarié à temps plein à côté.

  1. Quel plafond s'applique à lui en 2026 ?
  2. Peut-il cumuler avec son emploi ?
  3. Pour l'impôt, l'abattement de 71 % sur les ventes lui est-il favorable ?

Correction

  1. Il vend des marchandises : plafond de 203 100 €. Avec 60 000 €, il est largement en dessous.
  2. Oui en principe, s'il n'a pas de clause d'exclusivité ni de non-concurrence dans son contrat, et s'il ne concurrence pas son employeur.
  3. L'abattement retient 42 600 € de frais (60 000 × 71 %). Ses achats sont de 38 000 €, plus d'autres frais (site, envois) : c'est proche. Le régime reste acceptable, à surveiller si ses coûts augmentent.

Sources

Leçon mise à jour en octobre 2026.

Ou le programme complet Se lancer à son compte : 85 €. Voir le programme

Les leçons de la formation

  1. Créer son entreprise en ligne pas à pas
  2. Cotisations sociales : taux, déclarations, calendrier
  3. La TVA : franchise en base et seuils
  4. Impôt sur le revenu et CFE
  5. Factures, assurance, comptabilité minimale
  6. Atelier : votre calendrier de la première année