Trouver son sujet, son lecteur et son plan
Vérifiée en octobre 2026 · notre méthode
Beaucoup de livres restent à l'état de projet parce que leur auteur commence par écrire, puis s'arrête au chapitre trois sans savoir où il va. Avant la première page, trois décisions vous feront gagner des mois : ce que dit votre livre, à qui il s'adresse, et dans quel ordre il le dit.
Dans cette formation, nous suivons deux auteurs. Martine, 63 ans, ancienne professeure de français à Angers, écrit un roman policier qui se déroule dans sa ville. Julien, 41 ans, guide de randonnée à Namur, prépare un guide de vingt balades en Ardenne. L'une écrit de la fiction, l'autre un livre pratique : vous verrez que la méthode diffère sur certains points.
La promesse en une phrase
Écrivez la promesse de votre livre en une seule phrase, que vous pourriez dire à un inconnu dans un train. Elle répond à deux questions : de quoi parle le livre, et qu'est-ce que le lecteur y trouvera ?
- Pour un roman, la phrase présente un personnage, ce qu'il veut et ce qui l'en empêche. Martine écrit : « Une bibliothécaire d'Angers découvre qu'un livre rendu en retard contient la preuve d'un crime vieux de trente ans, et que quelqu'un veut le récupérer. »
- Pour un livre pratique, la phrase dit quel problème le livre résout. Julien écrit : « Vingt balades en Ardenne de 5 à 15 kilomètres, testées en famille, avec le parking, la durée et l'endroit où manger. »
Si vous n'arrivez pas à écrire cette phrase, votre sujet est sans doute encore trop large. « Un livre sur la randonnée » ne guide aucune décision ; « vingt balades familiales en Ardenne » dit déjà ce qu'il faut garder et ce qu'il faut couper.
Le lecteur que vous visez
Un livre écrit « pour tout le monde » ne parle à personne. Décrivez votre lecteur principal en quelques lignes : son âge, ce qu'il sait déjà, ce qu'il cherche, ce qu'il lit d'habitude.
Julien imagine une famille avec deux enfants de 8 à 12 ans, qui habite Bruxelles ou Liège et cherche une sortie à la journée. Ce portrait règle des questions concrètes : des distances courtes, des indications de toilettes et de jeux, des cartes simples, un format qui tient dans un sac à dos.
Martine vise les lectrices et lecteurs de romans policiers « régionaux », qui aiment reconnaître des lieux réels. Elle lit donc plusieurs romans récents de ce genre pour savoir ce que ses lecteurs attendent : une enquête claire, des chapitres courts, une ville présente presque comme un personnage.
Construire le plan
Le plan est la carte de votre livre. On peut le modifier en route, mais on avance beaucoup plus vite avec qu'en partant sans.
Pour un livre pratique, le plan prend la forme d'une table des matières détaillée. Julien regroupe ses balades par région, puis prévoit pour chacune la même structure : présentation, fiche pratique, itinéraire pas à pas, carte, conseils. Cette régularité aide le lecteur et facilite l'écriture.
Pour un roman, deux façons de faire existent, et les écrivains reconnus défendent l'une ou l'autre. Certains bâtissent un plan scène par scène avant d'écrire. D'autres, comme Stephen King le raconte dans son livre sur l'écriture, partent d'une situation et laissent l'histoire se découvrir en l'écrivant. Si vous débutez, un compromis rassure : connaître le début, la fin et trois ou quatre grands tournants, puis découvrir le reste en chemin.
Martine a choisi ce compromis. Elle connaît le crime, le coupable et la scène finale. Elle a listé cinq étapes de l'enquête. Le reste viendra.
La longueur et le droit d'auteur
Fixez un ordre de grandeur de longueur. Une page de livre courant compte souvent 250 à 300 mots, si bien qu'un roman de 250 pages représente de l'ordre de 60 000 à 80 000 mots. Un guide pratique comme celui de Julien peut être bien plus court, mais demande des photos et des cartes. Connaître votre objectif vous permettra de mesurer vos progrès dans la leçon 2.
Une bonne nouvelle, enfin : en France, l'article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que l'auteur jouit d'un droit sur son œuvre « du seul fait de sa création ». Vous n'avez aucune formalité à accomplir pour être protégé. Gardez simplement vos fichiers datés et vos versions successives : ils pourront prouver que vous êtes l'auteur en cas de contestation.
Exercice
Rédigez la fiche de départ de votre livre en trois parties :
- la promesse, en une phrase ;
- le portrait de votre lecteur principal, en trois à cinq lignes ;
- un plan de premier jet : dix à quinze titres de chapitres pour un livre pratique, ou le début, la fin et trois tournants pour un roman.
Correction
- Votre promesse est bonne si une personne qui ne vous connaît pas comprend tout de suite de quoi parle le livre et pourquoi elle le lirait. Testez-la sur deux proches.
- Votre lecteur est bien défini si sa description vous aide à trancher une question concrète, comme la longueur des chapitres ou le niveau de vocabulaire.
- Votre plan est utilisable s'il vous permet d'écrire demain sans vous demander par où commencer. Si un chapitre ne sert pas la promesse, mettez-le de côté dans un fichier à part plutôt que de le supprimer.
La fiche de Julien tient sur une page. Il l'a épinglée au-dessus de son bureau et la relit avant chaque séance d'écriture.
Sources
- Article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle — Légifrance, version en vigueur depuis le 27 décembre 2020, consultée le 31/10/2026
- Stephen King, Écriture : mémoires d'un métier, traduit par William Olivier Desmond, Albin Michel, 2001
Leçon mise à jour en octobre 2026.
Ou le programme complet Création : 25 €. Voir le programme
Les leçons de la formation
- Tenir une routine d'écriture
- Réécrire et faire relire par des bêta-lecteurs
- Édition traditionnelle : manuscrit, comité de lecture et contrat
- Autoédition : ISBN, dépôt légal et mentions obligatoires
- Couverture, prix et diffusion
- Atelier : préparer le lancement de son livre