MySmartCampus Mon espace

Publier son livre : édition traditionnelle ou autoédition, les étapes et les formalités

Mis à jour le 2026-10-31 · notre méthode

Pour publier son livre, il existe deux grandes voies. L'édition traditionnelle : vous envoyez votre manuscrit à des maisons d'édition, l'une d'elles le retient, prend en charge la fabrication et la diffusion, et vous verse des droits d'auteur. L'autoédition : vous devenez votre propre éditeur, vous gardez tous vos droits et vous accomplissez vous-même les formalités, essentiellement l'ISBN et le dépôt légal. Voici les étapes de chaque voie, ce que dit la loi sur le contrat d'édition, et les formalités en France et en Belgique.

Édition traditionnelle ou autoédition : comment choisir ?

Aucune voie n'est meilleure dans l'absolu. Elles conviennent à des projets et à des tempéraments différents.

CritèreÉdition traditionnelleAutoédition
Qui paie la fabricationL'éditeurVous
Qui décideL'éditeur, en concertation avec vousVous seul
RémunérationUn pourcentage du prix public hors taxes, souvent 8 à 10 % en littérature générale selon la SGDLCe qui reste après les frais d'impression et la part des vendeurs
Diffusion en librairieAssurée par l'éditeur et son diffuseurÀ organiser vous-même
DélaisPlusieurs mois de réponse, puis souvent plus d'un an avant la sortieRapides, dès que le livre est prêt
FormalitésPrises en charge par l'éditeurISBN, dépôt légal et mentions obligatoires à votre charge

L'édition traditionnelle convient bien si vous visez les librairies et si vous acceptez d'attendre et d'être sélectionné. L'autoédition convient bien à un livre au public précis, que vous savez atteindre : un guide local, un récit familial, un livre lié à votre métier ou à votre communauté.

Voie 1 : envoyer son manuscrit à des éditeurs

Ciblez dix à quinze maisons qui publient déjà des livres du même genre que le vôtre. Regardez le nom de l'éditeur sur les livres proches du vôtre, puis consultez le site de chaque maison : ses collections et surtout ses conditions d'envoi des manuscrits. Certaines reçoivent les envois par courriel, d'autres seulement par la poste, d'autres plus du tout.

Préparez un envoi complet :

  • une lettre d'accompagnement d'une page au plus, avec le titre, le genre, la longueur, la promesse du livre et quelques mots sur vous ;
  • un synopsis d'une ou deux pages, fin comprise ;
  • le manuscrit présenté proprement, pages numérotées, avec vos coordonnées.

Le manuscrit passe ensuite devant un comité de lecture, qui rend un avis à l'éditeur. La réponse prend souvent plusieurs mois, et beaucoup de maisons ne répondent pas en cas de refus. Un refus est la réponse la plus fréquente, y compris pour des auteurs publiés plus tard : si un même commentaire revient, retravaillez le texte avant une nouvelle série d'envois.

Le contrat d'édition : ce que dit la loi

En France, l'article L132-1 du Code de la propriété intellectuelle définit le contrat d'édition : l'auteur cède à l'éditeur le droit de fabriquer des exemplaires de son œuvre ou de la réaliser sous forme numérique, et l'éditeur s'engage à la publier et à la diffuser. Avant de signer, vérifiez au moins ces points :

  • les droits cédés : papier, numérique, poche, traduction, adaptation, pour quelle durée et quels territoires ;
  • le pourcentage sur le prix de vente public hors taxes, et d'éventuels paliers ;
  • l'à-valoir, avance sur droits qui reste acquise à l'auteur même si le livre se vend mal ;
  • une partie distincte pour le numérique : le Code l'exige quand le livre est édité sous forme imprimée et numérique, sous peine de nullité de la cession des droits numériques ;
  • l'exploitation permanente et suivie du livre, que l'éditeur doit assurer ;
  • la reddition des comptes : un état des ventes et des droits au moins une fois par an.

Le Code protège aussi l'auteur en cas de manquement. Si l'éditeur ne rend pas ses comptes, l'auteur peut le mettre en demeure ; sans effet dans les trois mois, le contrat est résilié de plein droit. Si l'éditeur cesse d'exploiter le livre, une mise en demeure restée sans effet pendant six mois entraîne aussi la résiliation.

La Société des gens de lettres (SGDL) propose un modèle de contrat commenté et un service juridique pour les auteurs. Pour un contrat important, un avocat spécialisé en propriété intellectuelle peut vous conseiller.

Voie 2 : s'autoéditer, étape par étape

1. Obtenir un ISBN

L'ISBN est le numéro de 13 chiffres qui identifie une édition précise d'un livre et apparaît sous forme de code-barres au dos. Pour les éditeurs français, belges et d'Afrique francophone, il est attribué par l'AFNIL, qui propose un formulaire en ligne aux particuliers qui s'autoéditent. Il faut un ISBN par format : la version papier et chaque format numérique vendu séparément ont chacun le leur.

La BnF rappelle que l'ISBN n'est pas obligatoire, mais il est souvent nécessaire pour être référencé par les libraires. Si une plateforme d'impression à la demande vous en propose un gratuitement, lisez ses conditions : vérifiez qui apparaîtra comme éditeur et si vous pourrez vendre le livre ailleurs avec ce numéro.

2. Faire le dépôt légal à la BnF

Le dépôt légal consiste à envoyer un exemplaire de chaque publication à la Bibliothèque nationale de France. Selon la BnF, les auteurs qui s'autopublient sont concernés en tant qu'éditeurs de leurs propres livres. Elle recommande de déclarer le livre sur l'Extranet du dépôt légal, qui permet de suivre le traitement et d'obtenir un récépissé, puis d'envoyer un exemplaire imprimé dans sa version définitive. L'envoi peut se faire en franchise postale, avec la mention indiquée par la BnF à la place du timbre.

En impression à la demande, la mention « impression à la demande » remplace la date d'achèvement du tirage. Et il n'est pas nécessaire d'attendre l'enregistrement du dépôt légal pour commencer à vendre.

3. Imprimer les mentions obligatoires

La BnF liste les mentions à faire figurer sur un livre imprimé, en général au dos de la page de titre :

  • le nom et l'adresse de l'éditeur, c'est-à-dire les vôtres ;
  • le nom et l'adresse de l'imprimeur, ou son pays s'il est à l'étranger ;
  • la date d'achèvement du tirage, ou « impression à la demande » ;
  • l'ISBN, si le livre en a un ;
  • le prix en euros ;
  • la mention « Dépôt légal » suivie du mois et de l'année prévus.

4. Fixer le prix

En France, la loi du 10 août 1981 impose à l'éditeur de fixer un prix de vente au public, que tous les vendeurs doivent respecter, avec un rabais possible de 5 % au plus. En autoédition, c'est vous qui fixez ce prix. Calculez-le à partir de ce que vous rapporte un exemplaire : prix public, moins la part du vendeur ou de la plateforme, moins le coût d'impression.

En Belgique : le dépôt légal à la KBR

Si vous publiez en Belgique, le dépôt légal se fait à la KBR, la Bibliothèque royale de Belgique, avec des règles différentes. D'après la KBR :

  • les auteurs qui éditent eux-mêmes leurs livres doivent les déposer ;
  • un livre se dépose en deux exemplaires ;
  • le délai est de quinze jours ouvrables après la parution en Belgique ;
  • le numéro de dépôt commence par « D/ » suivi de l'année ; pour un auteur-éditeur, il prend la forme « D/année/Nom Prénom, éditeur » ;
  • l'auteur qui s'autoédite n'a pas besoin de numéro d'éditeur KBR ;
  • les livres numériques ne sont déposés pour l'instant que sur une base volontaire.

Pour l'ISBN, un éditeur belge francophone s'adresse lui aussi à l'AFNIL. Le droit d'auteur relève du livre XI du Code de droit économique, et la Fédération Wallonie-Bruxelles encadre le prix du livre par un décret du 19 octobre 2017.

Aller plus loin

La formation Écrire et publier son livre vous accompagne en sept leçons, du choix du sujet au lancement : routine d'écriture, réécriture et bêta-lecteurs, envoi aux éditeurs et lecture du contrat, formalités d'autoédition, couverture, prix et diffusion, avec un atelier final pour bâtir votre plan de lancement. Elle fait partie du programme Création, avec la formation Faire de belles photos au smartphone, utile pour la photo de couverture ou les illustrations d'un guide.

Questions fréquentes

Combien coûte la publication d'un livre ? En édition traditionnelle, rien : l'éditeur paie la fabrication et vous verse des droits. En autoédition, comptez l'ISBN, l'impression, et éventuellement une correction professionnelle et une couverture réalisée par un graphiste. Une maison qui vous demande de payer pour être publié propose un contrat à compte d'auteur, qui n'est pas un contrat d'édition.

Combien touche un auteur sur un livre ? En édition traditionnelle, un pourcentage du prix public hors taxes, qui varie en général de 5 à 12 % selon la SGDL, souvent 8 à 10 % en littérature générale. En autoédition, la différence entre le prix public et les frais d'impression et de vente.

L'ISBN est-il obligatoire ? Non, selon la BnF, mais il est souvent nécessaire pour être vendu en librairie. Il faut un ISBN distinct par format.

Le dépôt légal est-il obligatoire pour un livre autoédité ? Oui. En France, un exemplaire à la BnF ; en Belgique, deux exemplaires à la KBR dans les quinze jours ouvrables suivant la parution.

Faut-il protéger son manuscrit avant de l'envoyer à un éditeur ? En France, le Code de la propriété intellectuelle protège l'œuvre du seul fait de sa création, sans formalité. Gardez vos fichiers datés et vos versions successives pour prouver que vous êtes l'auteur en cas de contestation.

Sources

  • Légifrance, « Code de la propriété intellectuelle, section Contrat d'édition (articles L132-1 à L132-17-9) », version en vigueur au 31 octobre 2026 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006069414/LEGISCTA000006179040/
  • Bibliothèque nationale de France, « Le dépôt légal de l'autoédition à la BnF », consulté le 31 octobre 2026 : https://www.bnf.fr/fr/le-depot-legal-de-lautoedition-la-bnf
  • KBR, Bibliothèque royale de Belgique, « Dépôt légal », consulté le 31 octobre 2026 : https://www.kbr.be/fr/depot-legal/

Guide mis à jour en octobre 2026.

À lire aussi